
L’Autorité chargée du développement de la région est formelle : la population juive de Galilée est en constant déclin, depuis plus d’un an. Et sa situation économique tout autant.
Le Bureau Central des Statistiques (CBS) et l’Autorité chargée du développement de la Galilée (GDA) ont révélé aujourd’hui, mercredi 12 décembre, que le nombre d’habitants juifs de Galilée déclinait de manière régulière.
Le CBS et le GDA, en collaboration avec l’Agence Juive, ont publié leur rapport annuel sur la population du nord d’Israël. Selon les données publiées dans ce rapport, sur les 1,2 millions d’habitants que compte la région, plus de 53,1% d’entre eux sont des personnes originaires de diverses minorités. Seuls 46,9% de cette population est juive.
Une conférence sur la Galilée, tenue hier mardi à Nazareth, a permis de mettre en exergue cette situation particulièrement problématique. Tout se passe comme si cette région du nord avait été lentement négligée par l’Etat. Pour les responsables du CBS et du GDA, ni le Premier ministre, Ehoud Olmert, ni le ministre des Finances, Roni Bar On, n’étaient enclins à assister à cette conférence et seuls Yaacov Edery, ministre du Développement du Néguev et de la Galilée, et Youli Tamir, ministre de l’Education, étaient présents pour représenter les autorités officielles.
Cette situation démographique lancinante place les responsables politiques face à un constat aussi paradoxal qu’épineux : d’une part l’opinion publique, dans sa grande majorité (80%) est d’avis que la région du centre, contrairement au nord d’Israël, offre une qualité de vie supérieure, d’un point de vue économique, parmi les plus importantes du pays.
D’autre part, le public pense que les opportunités professionnelles en Galilée y sont relativement rares, c’est pour cette raison que la plupart des israéliens préfèrent rester au centre du pays. Même si l’environnement naturel est plus sain au nord.
Mais l’un des problèmes relevés lors de cette conférence tient au fait que la région souffre d’un manque d’investissements et d’infrastructures dans les petites villes arabes. De ce fait, beaucoup se retournent alors vers une relocalisation dans des villes du nord. Ainsi par exemple, pour la ville de Carmiel qui enregistre maintenant 8 à 10% de non juifs, ou Nazareth Ilit avec 15%.
Face à une telle évolution, le ministre Yaacov Edery ne pouvait manquer de constater que l’urgence était désormais de "tout faire pour relancer le peuplement juif en Galilée".
"Près de 80% de la population juive vit au centre d’Israël et 80% de la population arabe dans la Néguev et la Galilée", a ajouté de son côté le Professeur Rasem Khamaisi, de l’Université de Haïfa, "mais la seule alternative à cette situation n’est pas de parler de la judaïsation de la région, mais de sa globalisation".
Globalisation ou judaïsation : un des nombreux débats qui agite les diverses composantes d’Israël.