
Une campagne israélienne permettra-t-elle de convaincre la communauté internationale des risques du nucléaire iranien ? Il est sans aucun doute difficile d'évaluer à l'heure actuelle les résultats d'une telle initiative. Mais pour une quinzaine de députés de la Knesset, représentant un large éventail de la classe politique, il faut essayer, malgré certaines réticences, d'influencer l'opinion publique mondiale encore partagée sur la question. Ils ont donc décidé d'entreprendre un voyage à l'étranger pour expliquer combien Téhéran constitue un danger pour la paix et la stabilité dans le monde.
Dans le cadre de cette campagne, les parlementaires israéliens envisagent de se rendre en Europe et en Extrême Orient pour demander que les pressions exercées sur l'Iran soient intensifiées par le biais d'une troisième série de sanctions proposées par le Conseil de Sécurité de l'Onu.
Cette campagne est lancée en prévision du prochain Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'Energie atomique, au cours duquel les participants doivent examiner le nouveau rapport sur le nucléaire iranien. Quelques semaines plus tard doit avoir lieu une réunion du Conseil de Sécurité au cours de laquelle une nouvelle résolution devrait être adoptée concernant Téhéran.
C'est dans ce contexte qu'Israël souhaite intervenir pour expliquer l'importance des pressions. En particulier pour contredire les conclusions des Renseignements américains qui ont déclaré que l'Iran avait interrompu son programme nucléaire.
La décision de lancer cette campagne a été prise il y a quelques semaines lors de consultations entre la ministre des Affaires étrangères Tsippi Livni (Kadima), la présidente de la Knesset Dalia Itsik (travailliste) et le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense Tsahi Hanegbi (Kadima). Un haut fonctionnaire des Affaires étrangères a souligné que dans un premier temps, avaient été mobilisés pour cette mission des députés expérimentés et informés entretenant de bonnes relations avec des responsables importants d'Europe.
Il a précisé en outre qu'il était important pour Israël d'envoyer des députés représentant autant la majorité que l'opposition, afin de montrer que "sur cette question, il y avait un consensus dans le pays". Qui participe à cette campagne qui d'ailleurs a déjà commencé ? Le député d'extrême gauche Yossi Beilin, du parti Meretz, qui s'est rendu en Allemagne en début de semaine, le travailliste Ephraïm Sneh et l'ancien ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom (Likoud) qui tiendront cette semaine des réunions à Londres et les députés Youval Steinitz (Likoud) et Dany Yatom (travailliste) qui rencontreront des officiels à Budapest.
Dans quelques semaines, ce sera le tour de Tsahi Hanegbi (Kadima), de Guideon Saar (Likoud) et d'Itshak Ben Israël (Kadima) d'entreprendre ce voyage.
L'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, Dany Guillerman, a adressé ce lundi une lettre de protestation au Conseil de Sécurité et au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, pour dénoncer les propos du chef des Gardiens de la révolution iranienne, le général Mohammad Ali Jaafari. Ce dernier n'a pas hésité à affirmer que "le cancer nommé Israël devait disparaître prochainement". Guillerman a rappelé qu'il s'agissait d'une incitation raciste et antisémite d'une rare gravité, exprimée par un membre de l'Onu contre un autre Etat faisant partie de l'organisation". Il a ajouté que "la communauté internationale devait condamner de telles déclarations".