Le professeur Yehezkel Dror, l'un des cinq membres de la commission Winograd, a émis de vives critiques à l'encontre du Premier ministre Ehoud Olmert dont il ne comprend pas l'attitude après la publication du rapport accablant sur la deuxième guerre du Liban.
S'exprimant dans une interview accordée à l'hebdomadaire juif américain Forward, le professeur Dror a déclaré qu'il s'attendait à la démission de tout le gouvernement israélien après la diffusion des conclusions de la commission dont il faisait partie, qui a mené, rappelons-le, une enquête approfondie sur le comportement des autorités pendant le conflit opposant Israël au Hezbollah.
Le professeur Dror a notamment souligné : "Le chef d'état-major Dan Haloutz a démissionné et le ministre de la Défense de l'époque, Amir Péretz, a été contraint de quitter son poste". "En revanche, a-t-il ajouté, le Premier ministre Olmert n'a pas démissionné et n'a pas été contraint de s'en aller. Je pense que cela ne se serait pas passé ainsi dans une autre démocratie parlementaire".
Yehezkel Dror a en outre émis quelques regrets, estimant que la commission Winograd aurait dû faire certaines recommandations au gouvernement et à celui qui est à sa tête suite aux résultats de l'enquête qui avaient démontré que les autorités avaient mal géré la guerre pendant les affrontements et aux derniers jours de la crise. Il a précisé que la commission avait peut-être trop compté sur la classe politique et sur le public, en pensant qu'ils sauraient prendre les mesures qui s'imposent.
Le professeur Dror a ensuite estimé que les initiatives de paix d'Israël ressemblaient à des "improvisations superficielles" et au mieux à des "manipulations des médias". Il a ajouté qu'elles étaient "dénuées de réflexions profondes, aussi bien tactiques que stratégiques".
Dror avait déjà réclamé, le mois dernier, la démission d'Olmert et avait critiqué la façon dont il dirigeait les affaires de l'Etat et dont il assumait les conclusions de la commission Winograd. Il a encore souligné :"A l'heure actuelle, il n'y a aucun responsable stratégique qui assiste le Premier ministre lorsqu'il prend des décisions. Olmert n'a pas appliqué comme il se doit les recommandations de la commission et n'a pas renforcé sérieusement le conseil à la Sécurité nationale".