« « Ces 4 dernières années, notre plus grand échec économique a été de ne pas développer un système qui permette de partager les fruits de la croissance d’une façon juste et équitable d’un point de vue social », a expliqué jeudi 3 juillet le Premier ministre, Ehoud Olmert, à la Conférence de Césarée de l’institut israélien de démocratie.
Une fois n’est pas coutume, Olmert n’a pas esquivé la responsabilité de son gouvernement et a évoqué « l’engagement de maintenir les paramètres dans le domaine fiscal » pour expliquer cet échec. Pour Olmert, « nous n’étions pas vraiment prêts à investir et à penser à la façon de créer un système qui nous permette une redistribution plus juste ». Entre autres, le Premier ministre a parlé de la grave situation économique des périphéries, au sein des minorités et dans le système éducatif comme faisant partie des problèmes les plus sérieux auxquels aucune solution n’a été donnée jusqu’ici. Olmert a ajouté : « Nous n’avons pas sérieusement essayé d'agir. Nous avons parlé (…) mais nous n’avons rien fait de réel ».
Ehoud Olmert a évoqué un autre sujet dont les hommes d’affaire présents à la Conférence ont également beaucoup parlé : « La bureaucratie ne permet pas aux décideurs de prendre les décisions qu’il faut pour changer la dynamique et le rythme de la société israélienne. Nous avons des systèmes publics qui ne donnent aucune marge de manœuvre » aux dirigeants du pays.
« Il en résulte que des projets qui auraient pu avancer rapidement sont coincés, au niveau du développement également, sans que nous puissions les changer. L’atmosphère et la confiance du public ne permettent pas de manœuvrer et d’être souple ». Olmert, dont la souplesse est sujet à enquête, ne s’est pas attardé sur la confiance du public.
Tout au long de son discours, Olmert a semblé reconnaître les erreurs faites par le passé, il a insinué que s’il restait à son poste de Premier ministre, il initierait une révolution dans le domaine social. Entre autres, Olmert a parlé de la population arabe : « De façon consciente et calculée, nous n’avons pas donné à la population non juive ce à quoi elle a droit. Si quelqu’un pense qu’il y a en Israël un moyen de créer un dialogue entre les différents groupes qui composent la population sans réparer cela, il se trompe et Israël ne sera pas stable sans ce dialogue. Le créer fait partie des changements des priorités ».
« Nous avons également négligé les infrastructures dans les régions les moins riches d’Israël. Tant qu’il n'y aura pas un train pour Eilat, nous ne serons pas la nation avanceé que nous voulons être». Le projet d’un train pour Eilat est bloqué depuis 4 ans suite à des problèmes de budget et de manque de rentabilité.
Le Premier ministre a précisé qu’on ne pouvait pas isoler l’économie de la situation politique, que ces deux données étaient interdépendantes. Selon lui, « le principal élément qui a crée une atmosphère permettant la croissance est la situation politique. Nous aurions pu prendre les mêmes mesures que celles que nous avons prises, mais sans l’atmosphère politique et sécuritaire adéquate, nous n’aurions pas eu une croissance comme celle à laquelle nous sommes arrivés ».