Associée à son frère Shlomi, Ronit Elkabets peut se féliciter d’un succès relativement inattendu pour son dernier film, Shiva.
Cette œuvre avait pourtant déjà bénéficié d’un bel accueil critique et public lors de sa projection au dernier Festival de Cannes, dans le cadre de la Semaine de la Critique. Conséquence immédiate : Les Films du Losange, la société de production française du film, a décidé d’augmenter de 10 copies la distribution du film, passant de 55 à 65.
Soulignons que la mode est aux films israéliens, puisque Shiva n’est pas le premier film à être largement distribué. Avant lui, La Visite de la Fanfare avait été distribué à 145 copies, Le Citronnier à 95 copies et Valse avec Bachir à 160 copies.
Ronit Elkabets est actrice, scénariste et depuis peu réalisatrice. Elle est considérée comme la diva du cinéma contemporain en Israël.
L’histoire du film, c’est celle d’une famille en deuil qui, comme le veut la tradition juive, se retrouve dans la maison du défunt pour s’y recueillir pendant sept jours. Ce huis clos, cette proximité vont devenir pesants, et des secrets enfouis ne tarderont pas à faire surface.
Comment voit-elle son rôle artistique ?
"Moi, je sens que j’ai une responsabilité, celle de raconter à travers mon âme, mon corps, mon esprit et ma connaissance, toute la société telle qu’elle est. C’est-à-dire la situation absolument politique et la vie personnelle qui fait partie de la situation politique : on ne peut plus les séparer".
Comment explique t-elle cette embellie du cinéma israélien ?
"Le succès du cinéma israélien a commencé au moment ou les gens ont commencé à filmer des choses d’une manière documentaire, à l’intérieur du pays, ce qui se passe dans la rue et entre les personnes. Ça reste quand même des histoires intimes".
Mais ce que Ronit tient à souligner, c’est l’incroyable diversité culturelle d’Israël :
"Il y a 6 millions d’habitants en Israël, et il s’agit de 15 ou 20 cultures différentes qui viennent du monde entier et qui vivent d’une manière très excessive et très intime, l’une avec l’autre. Dans un simple immeuble à Tel Aviv, je peux rencontrer un Géorgien, un Palestinien, et de temps en temps, un Roumain, un Marocain, un Polonais, un Russe… tous les pays quoi ! C’est une richesse extraordinaire qui nous permet de raconter des histoires au travers de ces gens là ! C’est une culture riche !"