Que faire pour enrayer la chute du dollar qui ne cesse de perdre de sa valeur, suscitant l'inquiétude des exportateurs et des hommes d'affaires israéliens ?
Au mois de mars dernier, le gouverneur de la Banque d'Israël, le professeur Stanley Fischer, avait déjà entrepris une démarche plutôt inattendue afin de tenter d'endiguer cette baisse vertigineuse. Il avait alors annoncé que la Banque d'Israël avait acheté des dollars en grande quantité, c'est-à-dire des centaines de millions, afin de juguler dans la mesure du possible l'effondrement du billet vert.
Lors d'une conférence de presse, il avait alors tenu à souligner que la Banque centrale n'avait pas l'intention d'intervenir régulièrement sur le marché des changes. En dépit des affirmations du professeur Fischer, des experts en finance avaient alors estimé, avec une certaine lucidité, que la Banque d'Israël devrait intervenir une nouvelle fois si le dollar s'affaiblissait encore.
Et c'est ce qui se passe ces jours-ci: alors qu'à l'époque, on parlait de 25 millions de dollars par jour, il serait question aujourd'hui d'en acquérir 100 millions. La Banque d'Israël a expliqué sa démarche de la façon suivante : "La décision d'augmenter le rythme des achats (de dollars) a été prise après un examen approfondi des conditions actuelles du marché, et après avoir constaté les changements rapides et fréquents du cours du shekel". Dès que l'application de ce plan a été annoncée, le dollar a augmenté de 4 %.
L'Institut des Exportations israéliennes et l'Associations des manufactures d'Israël avaient vivement critiqué la semaine dernière l'attitude de Fischer et du ministère des Finances. Ils leur avaient reproché de n'être pas intervenus pour juguler l'augmentation du shekel par rapport à la monnaie américaine.
David Artsi, président de l'Institut de l'export israélien, a déclaré, lors du meeting annuel de son organisation à Tel Aviv, jeudi dernier : "Les exportateurs ne veulent pas revenir à l'époque où le gouvernement et la Banque d'Israël intervenaient massivement mais quelquefois, il n'y a pas d'autre choix". Il a rappelé qu'entre juillet 2007 et la fin du mois dernier, le dollar avait subi une chute vertigineuse de 19,6 %. "Nous sommes en crise, a-t-il encore précisé, et il s'agit maintenant de l'intérêt national".