
Le rav Avihaï Rontsky, âgé de 56 ans, est né au sein d’une famille non pratiquante. Il poursuit ses études dans un internat militaire de Haïfa. Au terme desquelles il est tout d’abord enrôlé dans la Shayetet, l’une des plus prodigieuses unités d’élite, dont la période de formation est une des plus difficiles. Il se retirera de cette unité avant d’avoir terminé son instruction, mais n’aura pas échappé aux épreuves de plongée dans le Kishon, ce qui lui a valu, il y a quelques années, une tumeur cancéreuse au visage pour laquelle il a été soigné.
Il rejoint ensuite l’unité d’élite Shaked avec laquelle il participera aux combats de la Guerre de Kippour, sur le front égyptien. Un de ses supérieurs durant la guerre était Youval Diskin, qui deviendra plus tard chef du Shabak et avec lequel il a conservé des liens d’amitié jusqu’à ce jour.
Parallèlement à son service dans l’armée, le rav Rontsky s’est rapproché de la religion, avec son épouse, Ronit, qu’il avait connue alors qu’elle servait dans l’administration de la même unité.
En 1984, la famille Rontsky a participé à la fondation d’Itamar, une localité juive de Samarie, avec d’autres familles qui étaient comme elle, ‘revenues’ à la religion par le biais du Machon Méïr. Durant quelques années, le rav Rontsky a rempli la fonction de rav et de porte-parole de la localité. Parallèlement, il a constamment continué de servir dans l’armée, en tant qu’officier de réserve, responsable du régiment de Samarie, installé au camp de Horon, près d’Itamar. Chaque semaine, il revêtait l’uniforme pour patrouiller dans la région, accompagné des commandants du régiment
Le rav Rontsky a fait ses preuves en tant que combattant, mais il est aussi connu pour sa finesse et la ‘modération’ de son jugement.
Le rav Rontsky a enseigné durant quelques années dans la yeshiva d’Atéret Cohanim, située dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Les idées du rav Rontsky au sujet de l’Etat et de l’Armée sont connues pour être «Mamalahtiim» (pour le respect inconditionnel de l’Etat et de ses institutions») et rejoignent celles du Rav Schlomo Aviner, chef spirituel de cette yeshiva. Comme lui, il s’était opposé aux rabbanim qui avaient recommandé aux soldats de Tsahal de refuser d’obéir aux ordres dans le cadre de l’expulsion des Juifs du Goush Katif et du Nord de la Samarie. «L’armée est fondée sur l’application des ordres quels qu’ils soient et si des soldats, considérant que certains ordres ne sont pas à leur ‘goût’, décidaient de ne pas y obéir, cela entraînerait une anarchie générale dans les rangs de Tsahal, et mettrait la sécurité de l’Etat en péril»
A l’approche de la réalisation du plan de ‘séparation unilatérale’, le rav Rontsky avait rencontré des élèves officiers et avait discuté avec eux de leurs difficultés à l’idée de recevoir l’ordre d’expulser des Juifs de chez eux.
En tant qu’érudit en Tora, le rav Rontsky, qui connaît aussi très bien le système militaire, est devenu une référence pour de nombreux soldats religieux, en particulier pour ceux qui sont issus des «Mehinot» (institutions religieuses de préparation à l’armée) et dont un bon nombre sert dans des unités d’élite. Ces dix dernières années, le rav Rontsky a publié une série de livres s’intitulant ‘Comme des flèches entre les mains de héros’, dans lesquels il a regroupé des réponses données à des questions posées par des soldats religieux.
Un des décrets religieux du rav Rontsky avait éveillé la colère de certains : un soldat religieux avait demandé au rav Rontsky si l’on avait le droit de soigner un terroriste blessé, durant le chabat. Le rav Rontsky lui avait répondu que l’on devait le soigner et avait précisé que sa réponse se basait uniquement sur le fait que cela permettrait au Shabak de l’interroger et d’éviter ainsi d’autres attentats terroristes qui mettraient la vie de Juifs en danger. Certains lui avaient répliqué que si l’on peut éviter de soigner un non-juif le chabat, il faut s’abstenir de le faire.
Certains se basèrent sur ce genre de décrets pour empêcher sa nomination en tant que Grand Rabbin de Tsahal.
En 2005, le rav Rontsky est nommé à la tête d’une commission chargée de se pencher sur les conditions du service militaire de soldats religieux qui s’étaient plaints de problèmes causés par la mixité.
Le choix du rav Rontsky à la tête du Grand Rabbinat de Tsahal, visait à estomper les tensions nées ces dernières années entre les rabbins militaires et les dirigeants des yeshivot. Le commandement de Tsahal et les chefs des yeshivot avaient tendance à ne pas faire cas des décisions des rabbins de l’armée, à cause du fait qu’une grande partie d’entre eux n’avaient pas servi dans des unités combattantes.