Une page vient d'être tournée, avec bien des souffrances. Les parents des deux soldats, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser, qui vivaient dans l'incertitude depuis deux ans, ont enfin appris, dans la douleur, que leurs fils n'étaient plus en vie. Et en cette journée si triste, ils les enterrent en présence des amis qui les ont entourés pendant toute cette période d'angoisse.
Maintenant, le Hezbollah peut dire qu'il a obtenu ce qu'il réclamait et il a déjà crié victoire, clamant partout qu'il avait ainsi gagné la guerre du Liban. Mais au-delà de ces déclarations, il y a une réalité sur le terrain, et il s'agit bien sûr des menaces, bien concrètes proférées à nouveau par les chefs de l'organisation terroriste d'obédience chiite.
Les services de sécurité sont bien conscients de ces dangers et ils ont mis en garde, dès jeudi matin, contre les intentions belliqueuses du Hezbollah, rappelant que la transaction "encouragerait l'organisation à attaquer de plus belle encore des objectifs israéliens et juifs en Israël et dans le monde". La surveillance a été renforcée tant à la frontière Nord que dans les ambassades israéliennes dans le monde entier.
L'un des hauts responsables sécuritaires a souligné : "Le désir de réaliser cet échange a calmé un moment les ardeurs du Hezbollah. Mais maintenant que la transaction est achevée, l'organisation (terroriste) n'a plus aucune raison de faire preuve de retenue". En outre, les services de sécurité israéliens sont inquiets de la puissance militaire du Hezbollah qui s'est doté de nouvelles armes de toutes sortes, dont des missiles antiaériens, si l'on en croit la presse étrangère.
Un autre signe inquiétant sur les intentions du Hezbollah : l'appellation de la transaction, qui portait le nom du chef terroriste Imad Moughniegh, éliminé en février dernier. Pour les Israéliens, cela signifie clairement que l'organisation terroriste n'a pas renoncé à ses intentions de perpétrer un attentat d'envergure qui pourrait donner au Hezbollah un sentiment de victoire, sur le plan militaire et diplomatique, face à Israël. Et de souligner : "Bien qu'on ignore toujours qui a perpétré cette exécution, on s'empresse au Hezbollah d'accuser Israël".
Mais malgré ces mises en garde, le gouvernement israélien ne semble pas envisager une action d'envergure pour écarter cette menace. Le vice-Premier ministre, Shaoul Mofaz, a déclaré jeudi matin, sur les ondes de Galei Tsahal, que "la situation sur le Front Nord n'était pas nouvelle" et qu'il n'y avait "rien à faire pour le moment". Et de préciser : "L'accord portant sur la résolution 1701 (du Conseil de sécurité de l'Onu) a été violé dès le premier jour, après la fin de la guerre. Les infiltrations d'armes en direction du Sud-Liban ne sont pas nouvelles mais je ne pense pas que nous devons entreprendre une action particulière aujourd'hui, qui risque d'embraser la région. Ils doivent savoir que nous suivons de près tout ce qui se passe".