Le contre-interrogatoire du principal témoin dans l’affaire des enveloppes, l’homme d’affaire Morris Talansky, s’est terminé en fin d’après midi jeudi 17 juillet, après 7 heures d'audition. Le contre-interrogatoire durera encore 4 jours.
L’avocat du Premier ministre, Elie Zohar, a refusé de donner des conclusions à la sortie du tribunal. Il a quand même promis que « un portrait réel » de Talansky se dessinerait tout au long du contre-interrogatoire.
Le deuxième avocat d’Olmert, Navot Tel Tsour, a déclaré que le but fixé pour le premier jour du contre-interrogatoire avait été atteint et que les données découvertes jusqu’ici étaient « tristes et choquantes ».
« Nous avons constaté l’échec de l’enquête contre le Premier ministre et la personnalité problématique du témoin principal. La facilité avec laquelle il change de version est préoccupante », a dit Tel Tsour.
Tel Tsour a qualifié de « bizarre » la relation entre le Parquet et Morris Talansky et a prétendu qu’il avait été décidé de présenter Talansky comme un suspect afin que son témoignage pèse plus lourd. Selon Tel Tsour, Talansky aurait au cours des enquêtes acquis la certitude qu’aucune charge ne serait retenue contre lui.
Les deux dernières heures du contre-interrogatoire, l’avocat d’Olmert, Elie Zohar, s’est concentré sur les occasions où différentes personnes ont emprunté de l’agent à Talansky par le passé.
Dans son témoignage, Talansky a précisé avoir tenu des comptes de tous les emprunts faits par ses proches. Les avocats d’Olmert ont exigé que ces notes leurs soient transmises dès les prochains jours des Etats-Unis.
Zohar a insinué que c’est la police qui a mené Talansky à penser qu’Olmert avait utilisé l’argent des dons pour ses affaires personnelles et que le témoin n’avait jamais évoqué cette possibilité de lui même.
Questionné à propos des contradictions dans son témoignage, Talansky a répondu : « Je n’ai pas inventé d’histoires, mais une partie des faits que j’ai racontés ne sont pas vrais. J’étais très remué ». Elie Zohar a cité Talansky expliquant que les enquêteurs de la police avaient fait pression et qu’il était la victime de l’affaire.
Zohar a demandé à Talansky de définir le caractère de l’enquête : « Les techniques des enquêteurs vous ont-elles embrouillé ? Est-il vrai que vous étiez très remué ? Avez vous pleuré ? Etiez vous fatigué ? ». A toutes ces questions, Talansky a répondu positivement.
Dans son témoignage, Talansky a indiqué que le procureur de l’Etat, Moché Lador, « lui a fait comprendre » qu’aucun acte d’accusation ne serait présenté contre lui, mais que cela ne lui avait pas été officiellement promis. Questionné par Zohar, Talansky a a répondu : « Le message que j’ai reçu du Parquet est qu’il faut que je témoigne et dise tout ce que je peux et que je serai tranquille ».
Ce matin, Talensky a critiqué les déclarations des proches du Premier ministre selon lesquelles « ils pulvériseraient son témoignage » pendant le contre-interrogatoire. « Seul D.ieu peut pulvériser un homme », a dit Talansky sur les ondes de Galei Tsahal.
« Je n’accepte pas les termes qu’ils utilisent. Je ne veux pas donner de leçons, mais quand je pense à pulvérisation, je pense à un tank et une pierre. Ces sont des gens éduqués, et parfois les paroles doivent être modérées », a déclaré Talensky.
Le Parquet a informé que « le dossier tiendrait sur le témoignage qui rejoint la longue liste de données assemblées par le Parquet ». L’avocat de Talansky a assuré : « L’avion a décollé pour nulle part ».
Des officiels du système judiciaire ont évoqué le contre-interrogatoire deTalansky dans l’affaire des enveloppes et ont affirmé : « Notre compréhension de Talansky et de ses relations avec Olmert s’en trouve renforcée (par son témoignage aujourd’hui 17 juillet) ».