Mahmoud Ahmadinejad n'est pas stupide. Ses menaces grondantes à l’encontre d’Israël, accompagnées de son insistance sur le fait que l'Iran a tout à fait le droit de continuer d’enrichir de l'uranium, matière première servant à la fabrication de bombes atomiques, ont réussi à pousser la plupart des dirigeants israéliens à se concentrer sur la menace iranienne et à presque totalement ignorer les menaces plus immédiates qui nous pendent au nez.
Ces dernières années, la plupart de nos politiciens ressemblent à des chevaux portant des œillères des deux côtés de la tête, de sorte qu’ils ne peuvent regarder que droit devant eux. Ils semblent avoir perdu leur champ de vision global.
En attendant, le Hezbollah et le Hamas font le travail de l'Iran et ils continuent à user la force de dissuasion d’Israël au Nord, comme au Sud. A Téhéran, ils doivent sûrement se dire qu’ils n’ont pas besoin de la bombe atomique pour rayer Israël de la carte. Tant qu’ils continuent d’hypnotiser Israël avec des menaces de bombes iraniennes, les missiles du Hezbollah et du Hamas peuvent continuer à faire le travail pour eux, sans que cela leur coûte très cher.
Du point de vue de l’Iran, ces dernières années, le "mur de fer" adopté par David Ben-Gourion comme base de la stratégie de défense d’Israël, est devenu rien de plus qu’un mur de papier qu’il est très facile de percer.
La semaine dernière, notre ministre de la Défense, Ehoud Barak, a sorti une nouvelle menace stupide et insensée dont il a le secret : "Si l’Iran attaque Israël, Tsahal se prépare à une victoire implacable !" C'est cet homme qui a commencé à faire dégringoler la force de dissuasion d’Israël il y a huit ans, lorsqu’en tant que Premier ministre et ministre de la Défense, il avait ordonné le retrait de Tsahal de la zone de sécurité du Sud Liban.
Les menaces qu’il avait proférées à l'époque, selon lesquelles toute provocation de la part du Hezbollah à la suite du retrait, serait suivie d’une riposte extrêmement sévère de la part d’Israël, se sont avérées n’être rien de plus que des paroles en l'air. Le Hezbollah ne s’est pas contenté de provoquer Israël plus d’une fois durant les années qui suivirent, il a profité de cette période pour renforcer ses positions au Sud-Liban et faire acheminer des milliers de missiles à partir de l’Iran, pour les diriger contre Israël le moment venu. Nous en avons eu l’exemple lors de la Deuxième Guerre du Liban.
Ariel Sharon, qui a succédé à Barak en tant que Premier ministre et Biniamin Ben-Eliézer et Shaoul Mofaz qui furent ministre de la Défense dans son gouvernement, se contentèrent d’observer le renforcement du Hezbollah, jusqu’à ce qu’il en arrive à dissuader Israël de prendre des mesures préventives qui auraient pu anéantir le potentiel militaire de l’organisation terroriste. Il a suffit de peu de temps pour que la population d’Israël finisse par payer le prix de l’inertie des dirigeants, face à cette menace.
Les continuelles déclarations d’Ehoud Olmert, selon lesquelles nous avons gagné la Deuxième Guerre Liban et l'un de ses grands succès a été la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, se sont avérés n’être que des sottises. Non seulement le Hezbollah est à présent beaucoup plus fort qu’il ne l'était avant la guerre et le danger qui pèse sur Israël s’est considérablement accentué, mais à la suite de la victoire du Hezbollah contre Tsahal et à la suite de l’accord stupide du gouvernement pour l’échange de Samir Kuntar contre les corps d’Eldad Réguev et Ehoud Goldwasser, le Hezbollah a pris le contrôle de tout le Liban.
Le Hezbollah a droit aux éloges du nouveau président libanais, Michel Suleiman, et son gouvernement a donné au Hezbollah le feu vert pour attaquer Israël. Ce sont là les "effets destructeurs" de mise en place des forces de la FINUL et de l'armée libanaise au Sud Liban, qui nous avait été présentée par le gouvernement d’Olmert comme une sorte de miracle, un des plus grands succès d’Israël au terme de la Deuxième Guerre du Liban.
Dans le Sud, le gouvernement, avec Ehoud Barak comme ministre de la Défense, agit de la même manière qu’au Nord. Il peut donc s’attendre aux même résultats. Israël paiera cher cette politique fondée sur la supposition selon laquelle ne rien faire est la meilleure alternative.
A présent, deux nouveaux candidats se sont présentés à la tête de Kadima et peut-être aussi d’Israël: Shaoul Mofaz et Tsippi Livni. Ayant tous deux contribué aux erreurs commises par le gouvernement d’Olmert, que peuvent-ils avoir à proposer?
Mofaz, de même qu’Olmert et Barak, est hypnotisé par Ahmadinejad. Il est incapable de parler d’autre chose que de la menace nucléaire de l'Iran. A Téhéran, ils doivent se tordre de rire en voyant que les yeux de l’homme qui aspire à diriger Israël, sont couverts par les mêmes oeillères et semble prêter peu d'attention à ce qui se passe au Liban et à Gaza.
Et Livni? Elle n’a qu’une chose en tête: créer un Etat palestinien qui sera selon elle la solution à tous les problèmes de l'Israël.
Ces politiciens feraient bien d’ôter leurs oeillères et de regarder de tous les côtés. Le danger nous guette peut-être d’ailleurs…