Comme s'il s'agissait d'un ancien parti politique qui nécessitait enfin un "relifting", Tsipi Livni a lancé à ses sympathisants "que l'occasion était maintenant donnée de réaliser les objectifs qui ont guidé la création de Kadima". Cela se passait hier matin vendredi à Tel-Aviv, en présence des ministres et députés qui lui ont apporté leur soutien pour les Primaires. La ministre des Affaires Etrangères, dopée par les sondages, a prononcé un discours enthousiaste: "Lors de ces primaires, c'est l'image de Kadima qui va se jouer, c'est son avenir qui va se décider, puis celui de l'Etat d'Israël !(...) Nous allons gagner deux fois. Une première fois en septembre, et une deuxième fois lors des prochaines élections générales!" Adressant une pique par allusion à Ehoud Olmert, elle a notamment déclaré: "Nous devons prouver que nous sommes une équipe digne et avisée, et ramener Kadima là où il aurait du être dès ses débuts. Une deuxième chance nous est maintenant donnée".
Tsipi Livni a répété l'utilité de Kadima dans l'échiquier politique israélien: "Nous sommes le parti qui représente le plus vaste consensus de la population sur de nombreux points. C'est pour cela que si nous travaillions ensemble et si chaque membre de Kadima a en tête les intérêts de l'Etat d'Israël, nous gagnerons les prochaines élections!"
Mais malgré l'assurance affichée dans le camp Livni, notamment du fait du ralliement d'une grande partie des ministres et députés, il règne tout de même une certaine crainte face à la force de Shaoul Mofaz sur le terrain et chez les responsables locaux et municipaux. Livni l'a reconnu lors d'une récente interview en avouant "ne pas s'être suffisamment occupée de politique de terrain ces dernières années à cause de son travail au ministère des Affaires Etrangères". C'est là son point faible, car sont les militants qui voteront et pas seulement les quelques ministres ou députés qui se sont rangés derrière sa bannière.
Kadima et Livni sont devenus ces derniers jours les cibles des flèches d'Ehoud Barak. Hier vendredi, devant des militants travaillistes à Tel-Aviv, le ministre de la Défense s'est une nouvelle fois gaussé de Kadima: "Avec tous les défis qui attendent Israël et qui nécessitent la capacité de prendre des décisions, Kadima n'a même pas été capable de prendre la moindre décision. Même celle d'organiser ses propres Primaires lui a été imposée par notre ultimatum!"
Et il est revenu sur ses prédictions quant à l'avenir de Kadima: "C'est un Parti provisoire!"