Le chef de l'Autorité Palestinienne, Abou Mazen, a effectué ce jeudi une visite officielle "historique" au Liban. Cela faisait des années qu'un dirigeant de l'OLP ne s'était rendu es-qualité aux pays des Cèdres, notamment depuis la disparition du "Fatahland", Etat dans l'Etat créé par Yasser Arafat au Sud-Liban dans les années 1970, suite aux événements de "Septembre Noir".
Une population palestinienne très importante vit au Liban, confinée dans des camps par ses propres frères depuis 1948. Ce ne sont pas moins de 400.000 personnes qui vivent dans douze camps, dont les plus connus sont Ein El-Hilweh, Sabra, Chatila, Rashidiyah, Burj El-Barajneh ou Nahr El-Bared.
Lors de son discours officiel en présence du ministre libanais des Affaires Etrangères, Faouzi Salloukh, Abou Mazen a exclu une quelconque solution de relogement définitif des "réfugiés" au Liban: "Tous nos réfugiés ont le droit de retourner en Palestine, et c'est de cela que nous discutons avec les Israéliens". Pourtant, la position officielle israélienne est "de ne pas entrer en discussion sur ce sujet" qui signifierait la fin de l'Etat d'Israël. Et pour être encore plus clair, Abou Mazen a bien précisé que "les Palestiniens refusaient que les 'réfugiés' ne reviennent uniquement dans l'Etat palestinien, mais exigeaient qu'ils réintègrent leurs foyers perdus en 1948". La position palestinienne rejoint celle du Parlement libanais, qui depuis 1948 s'oppose sytématiquement à la naturalisation et au relogement de ces centaines de milliers d'Arabes, "afin de ne pas rompre l'équilibre ethnique et religieux dans le pays" (!!!)
Abou Mazen a également rencontré le Président libanais Michel Sleimane, le Premier ministre Fouad Siniora ainsi que le Président du Parlement libanais, Nabi Berri. Les discussions ont également porté sur les affrontements fréquents opposant des Palestiniens du Fatah El-Islam et l'armée régulière libanaise.