Selon le journal Haaretz, la CIA a entretenu des relations avec des représentants d’Arafat, sur ordre du conseiller en sécurité du gouvernement Nixon, Henry Kissinger, avant la guerre de Kippour. Ces relations sont restées en place alors que l’ambassadeur américain et son aide à Khartoum étaient enlevés et tués sur ordre direct d’Arafat. L’existence de ces contacts avait été rendue public, mais ils avaient été définis comme sécuritaires seulement. La nature des contacts a été mis à jour lundi 1 e septembre par des documents de l’ancien chef de la CIA, Richard Helms, qui ont été autorisés à la publication.
Les documents de Helms traitent principalement de la période où il était ambassadeur des Etats-Unis en Iran de 1973 à 1976, après 6 ans à la tête de la CIA. Entre autres, ces documents décrivent les efforts fournis par l’Egypte au printemps 1973 pour essayer, par l’intermédiare de l’Iran, de convaincre les Etats-Unis d’obtenir un accord de paix avec Israël « fondé sur le plan Rogers ». Le plan Rogers comprenait le retrait de territoires conquis au cours de la guerre des 6 jours, ainsi que leur administration par une autorité internationale.
D’après les documents de Helms, le Shah d’Iran avait proposé au ministre égyptien des Affaires étrangères, Hazan Zaïat, de se suffire d’un bombardement d’artillerie sur les forteresses de Tsahal sur le canal de Suez et de ne pas traverser le canal. Hazan Zaïat avait mis en garde que les pressions militaires et économiques obligeraient le président Anwar Sadat à entrer en guerre.
D’après Haaretz, on découvre encore dans ces documents que le 5 juillet, Helms avait rendu compte par télégramme à Kissinger des paroles du roi de Jordanie, Hussein, selon lequel les renseignements jordaniens avaient appris que l’attaque syrienne pour reprendre le Golan prévue pour le mois de juin avait été suspendue, « mais qu’elle pourrait avoir lieu à tout moment à partir de maintenant ».
La nouvelle la plus intéressante révélée par ces documents est le contenu politique des relations de l’agent de la CIA, Robert Aimes, et le chef de la branche militaire du Fatah, Ali Hassan Salama, qui était aussi l’un des chefs du groupe Septembre noir, groupe terroriste qui a assassiné 12 sportifs israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972.
Les documents de Helms montrent également qu’Arafat avait envoyé Salama à des rencontres sans cacher sa responsabilité dans les meurtres de diplomates américains à Khartoum en 1973. De plus, à la demande de Salama, Aimes avait vérifié face à Washington des questions politiques comme les intentions du gouvernement Nixon à propos des « intérêts palestiniens ».
En réaction aux paroles de Salama selon lequel l’OLP essayait de renverser le roi Hussein et de mettre en place en Jordanie un Etat palestinien, Washington avait répondu que si les Palestiniens étaient prêts à un accord négocié, les Etats-Unis seraient enchantés d’entendre leurs idées, mais que renverser un régime par la force « ne semble pas la façon la plus prometteuse ». Arafat avait répondu aux américains, par l’intermédiaire d’Aimes, qu’il brûlerait Beyrouth si le gouvernement libanais faisait quoi que ce soit contre l’OLP.