Le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré mercredi 3 septembre au cours de sa rencontre avec son homologue syrien, Bachar Assad, à Damas qu’il soutenait des négociations directes entre Israël et la Syrie, contrairement aux Etats-Unis, qui préfèrent que les contacts restent indirects. Sarkozy a ajouté que la France était prête à prendre un rôle actif dans ces négociations. Assad a précisé que dans le dernier stade des pourparlers, les Etats-Unis entreraient en jeu.
Au sujet de l’Iran, Sarkozy a indiqué qu’il ne fallait pas que l’Iran possède l’arme nucléaire : « L’arme nucléaire en Iran représenterait un danger pour la paix dans toute la région ». Le président syrien a dit que toute attaque sur l’Iran serait une « catastrophe », il a appelé à trouver une solution pacifique au conflit entre l’occident et Téhéran.
Sarkozy est le premier leader occidental à se rendre en Syrie depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafik Hariri, en 2005. le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, devrait voyager en Syrie cette semaine. Il participera à une rencontre au sommet tenue à Damas qui marquera la fin de l’isolation de la Syrie par la communauté internationale.
Mercredi matin 3, le journal libanais al-Hayat a rapporté des sources diplomatiques françaises selon lesquelles les négociations entre Israël et la Syrie reprendront ce dimanche 7 septembre. D’après le journal, le prochain tour des négociations sera très important et il portera sur les frontières entre les deux pays, sujet essentiel pour la Syrie.
Toujours d’après les diplomates français, les deux pays ne seraient pas d’accord sur la frontière. Israël souhaite que la frontière dans le Golan soit la frontière internationale fixée en 1923. La Syrie veut que la frontière soit celle qui existait avant la guerre des 6 jours, en juin 1967.
Alors qu’il existe des cartes indiquant la frontière internationale tracée par les Britanniques, qui contrôlaient la Palestine, et la France, qui contrôlait la Syrie, il n’y a aucune carte montrant où était la frontière avant la guerre des 6 jours. Ainsi, malgré ses déclarations, la Syrie tend à être souple sur la question de la frontière.
Des sources à Jérusalem ont confié au journal Haaretz que le 5 e tour des négociations devait se tenir cette semaine en Turquie, mais qu’à cause de difficultés judiciaires dûes à la présence de Yoram Tourbovich dans l’équipe, la rencontre a été repoussée. On ne sait pas encore si une autre personne a été nommée à la place de Tourbovich, qui ne dirige plus l’équipe du bureau du Premier ministre. Par le passé, il a été décidé qu’une personne qui ne travaillait pas pour le gouvernement ne pouvait pas être l’envoyé du pays pour participer à des négociations de paix ni prendre en charge les discussions sur les frontières.
Les retards israéliens inquiètent les syriens et les turcs à cause du changement prochain de Premier ministre. Damas et Ankara craignent qu’il n’y ait pas de continuité dans les négociations et que les périodes de transition entre les différents Premiers ministres ne fassent du tort au dialogue.
Le président syrien a déclaré mardi 2 septembre que les pourparlers de paix avec Israël augmentaient les chances de paix. « Il y a aujourd’hui une chance pour la paix. Toutefois, nous ne pouvons pas dire que nous en sommes proches. Nous nous préparons à des négociations directes, quand nous en arriverons là, nous pourrons dire que nous avançons vers la paix. Pour l’instant nous n’avons qu’ouvert la porte », a dit Assad dans une interview sur la chaîne de télé Franc 3.