Des enquêteurs de police ont procédé vendredi matin à un interrogatoire serré du Premier ministre, Ehoud Olmert, dans sa résidence de Jérusalem. L'interrogatoire, sous mise en garde, a duré de dix heures du matin à onze heures et demie.
Les media israéliens avancent diverses spéculations sur les raisons de l'interrogatoire. Ils font le rapprochement entre la convocation d'Olmert et l'interrogatoire de sa secrétaire qui travaille pour lui depuis 30 ans, Shula Zaken, qui a également été convoquée mardi.
Toutefois, le tribunal a interdit à la presse de dévoiler les raisons de l'investigation du Premier ministre, de crainte que ces informations ne nuisent à l'enquête en cours. Avant la convocation surprise de jeudi, il n'était prévu d'interroger Olmert que dans quelques mois.
L'interrogatoire, une procédure spéciale sur laquelle Olmert a été informé seulement 48 heures à l'avance, a été approuvé par le conseiller juridique du gouvernement, Menny Mazouz. La police a informé ce dernier des détails de l'interrogatoire seulement trois heures après la fin de ce dernier. Il semblerait qu'il s'agisse d'une affaire sérieuse et urgente.
Les services du Premier ministre ont évoqué vendredi en début d'après-midi l'interrogatoire des enquêteurs du département investiguant sur les affaires de corruption. Ils ont affirmé qu'Olmert avait répondu à toutes les questions des policiers et qu'il continuerait à collaborer avec les autorités juridiques autant que nécessaire.
Vendredi matin, plusieurs députés ont vivement réagi aux informations sur l'interrogatoire d'Olmert.
La députée travailliste, Shelly Yéhimovitch, a déclaré sur les ondes de la radio Kol Israël, que le Premier ministre devait quitter ses fonctions : "Olmert est pris jusqu'au cou dans les investigations. Nous ne pouvons avoir un Premier ministre qui est interrogé en série par la police. Il est complètement corrompu, même sans attendre sa condamnation. Il n'y a jamais eu dans le monde entier un autre Premier ministre contre lequel tant d'enquêtes ont été ouvertes."
La députée d'extrême gauche, Zéhéva Gal-On, a eu la même réaction que sa collègue travailliste. Gal-On a déclaré qu'il était clair qu'Olmert ne savait pas prendre ses responsabilités et que Mazouz devrait "lui montrer la porte" et lui recommander de quitter son poste.
A droite, les réactions sont identiques. Le député Zevouloun Orlev (Ihoud Leoumi - Mafdal), qui est aussi président de la commission parlementaire du Contrôle de l'Etat, estime que "le Premier ministre devrait quitter ses fonctions du fait qu'il est soupçonné dans trois affaires différentes."
Le remplaçant du président de la coalition, le député Yoël Hasson (Kadima), a pour sa part défendu son chef. Hasson a affirmé : "L'expérience du passé prouve que toutes les enquêtes menées contre des Premiers ministres ont fait beaucoup de bruit au départ, mais n'ont jamais rien donné." Et d'ajouter : "Le système politique doit s'abstenir de toute hystérie et de faire une utilisation politique hâtive de l'affaire qui risquerait de déstabiliser le gouvernement."