Malgré les soupçons qui pèsent sur lui et les appels à la démission, le Premier ministre, Ehoud Olmert, continue à promouvoir le processus de paix avec l'aide des Américains. Samedi soir, Olmert a rencontré la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, en visite en Israël.
Les services du Premier ministre ont annoncé qu'il poursuivrait ses activités comme d'habitude et rencontrerait le chef de l'AP, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) lundi. On ignore encore si Rice a l'intention de participer à cet entretien.
La visite de la secrétaire d'Etat américaine, arrivée samedi soir pour 36 heures, survient dans un contexte d'impatience marquée de la part des Palestiniens quant à l'avancée des négociations. Un important responsable de l'AP à Ramallah a en effet confié au Jerusalem Post qu'à la suite des entretiens d'Abbas avec le président américain George Bush et avec Rice, il semblait "irréaliste" d'attendre une percée dans les pourparlers entre les Palestiniens et les Israéliens avant la fin de l'année 2008.
La chef de la diplomatie américaine tiendra dimanche deux réunions trilatérales, l'une avec le chef du cabinet palestinien, Salam Fayyad, et le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak, l'autre avec le négociateur palestinien Ahmad Qorei et la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Avant de repartir lundi, Rice rencontrera de nouveau le Premier ministre, Ehoud Olmert.
Rice est arrivée en Israël de Londres, où elle a participé à des entretiens sur l'aide financière accordée à l'AP. Rice a également discuté à Londres avec des responsables du Quartet pour le Proche-Orient.
Samedi soir, la secrétaire d'Etat américaine a dîné avec Olmert dans la résidence du Premier ministre à Jérusalem. Elle a essentiellement évoqué la question des négociations israélo-palestiniennes, mais également les contacts avec la Syrie sur d'éventuels pourparlers, ainsi que le programme nucléaire iranien, qui menace la stabilité du Proche-Orient.
Dans l'avion de Londres à Tel Aviv, Rice a confié aux journalistes qui l'accompagnaient que la première chose qu'elle ferait serait d'examiner les barrages de sécurité retirés par Israël en Judée Samarie. Rice a mis en doute l'importance des barrages routiers levés par Israël. La chef de la diplomatie américaine attend d'Israël de retirer plus d'obstacles à la circulation des Palestiniens pour faciliter leur vie quotidienne.
En outre, Rice a qualifié de "problème" les opérations de l'armée israélienne dans les villes arabes contrôlées par l'AP en Judée Samarie. Cette dernière attend en effet des Palestiniens de "prendre la responsabilité de la sécurité" dans la région et craint que les opérations de Tsahal n'affaiblissent les forces de sécurité palestiniennes qui ont commencé à se déployer à Djénine.