Le Prix Israël a été remis jeudi soir, à l'issue de Yom HaAtsmaout, à 20 lauréats, dont six organisations, lors d'une cérémonie officielle qui a eu lieu au théâtre de Jérusalem. La ministre de l'Education, Youli Tamir, a ouvert la cérémonie. Les lauréats ont été félicités par le président de l'Etat, Shimon Pérès, le Premier ministre, Ehoud Olmert, la présidente de la Knesset, Dalia Itsik et la ministre de l'Education Youli Tamir.
Le Prix Israël est le prix le plus prestigieux décerné chaque année par l'État d'Israël à des personnalités israéliennes ou à des organisations qui se sont distinguées dans le domaine artistique, social, culturel ou scientifique. Le Prix Israël a été instauré en 1953 par Ben-Tzour Dinor, alors ministre de l'Éducation.
Le Prix Israël de recherche talmudique a été remis au professeur David Weiss HaLivni. Né à Czechoslovakia en Ukraine, il est le seul membre de sa famille à avoir survécu à la Shoah, en travaillant dans un camp.
Le jury a expliqué que le lauréat était considéré comme l'un des plus grands chercheurs de sa génération sachant concilier les anciennes méthodes d'études et les procédés les plus modernes utilisés dans cette branche. Il a en outre ouvert une nouvelle voie dans la recherche du Talmud de Babylone. Le professeur HaLivni enseigne le Talmud et la littérature rabbinique à l'université de Columbia de New York. Il vient chaque année, en été, donner des conférences à l'Université Hébraïque de Jérusalem et à Bar Ilan.
Le Prix Israël d'histoire juive a été remis au professeur Anita Shapira. Née en 1940 en Pologne, Shapira est une historienne israélienne, professeur au Département d'histoire juive à l'Université de Tel-Aviv. Son domaine d'étude est l'histoire juive moderne et elle est spécialisée dans l'histoire du Sionisme, la Communauté juive en Palestine depuis 1882 et l'État d'Israël.
Le Prix Israël d'histoire générale a été remis au professeur Benjamin Issac. Né quelques jours après la fin de la Seconde Guerre mondiale à Genève, il est monté en Israël en 1972 pour étudier à l'université de Tel Aviv. Il est spécialisé dans l'histoire de Rome et des provinces orientales de l'Empire, dont le pays d'Israël.
Le Prix Israël de sociologie a été remis au professeur Sami Samouha. Né en 1941 en Iraq, il est monté en Israël avec ses parents à l'âge de 9 ans. Il a connu la vie dure des Maabarot (baraquements pour nouveaux immigrants). Alors que ses amis devaient travailler pour subvenir aux besoins de leur famille, Samouha a étudié à Jérusalem et réussi à faire un doctorat de sociologie en Californie. Le professeur Samouha est l'un des plus grands chercheurs dans ce domaine. D'après le jury qui l'a sélectionné, "il s'est notamment spécialisé dans les questions d'émigration, d'inégalités sociales et d'écarts ethniques et nationaux".
Le Prix Israël en recherche politique a été remis au professeur Zeev Sternehll.
Lors de l'annonce de la remise du prix au professeur Sternehll, il y a quelques mois, le Forum juridique pour la Terre d'Israël a contesté cette décision. Les représentants du Forum avaient rappelé notamment les termes d'un article de Sternhell dans lequel ce dernier justifiait le terrorisme palestinien et avait même suggéré aux terroristes d'agir contre les résidents des localités juives de Judée Samarie. Dans la plainte, le Forum avait souligné : "Celui qui accepte qu'on verse le sang de citoyens israéliens ne mérite pas ce prix". Toutefois, le jury a décidé de récompenser Sternehll pour son travail universitaire.
Le Prix Israël de biochimie a été remis au professeur Moshé Oren.
Le Prix Israël de recherche mathématique a été décerné au professeur Noga Alon.
Ce prix récompense des travaux sur les sciences de l'informatique, la combinatoire ou encore les graphiques.
Le Prix Israël de recherche informatique a été remis au professeur Adi Shamir. Shamir est membre de l'Institut Weizman des Sciences. Il est spécialisé dans le chiffrage, le décodage et la complexité des chiffres et des algorithmes.
Le Prix Israël de peinture a été remis au professeur Pinhas Cohen-Gan. Le lauréat, né à Meknès en 1942, vit en Israël depuis 1949. Pinhas Cohen-Gan a fait ses études à l'académie des beaux arts de Betsalel. Il a ensuite obtenu une maîtrise d'art de la Columbia University. Il a été enseignant à Betsalel de 1970 à 1993 et enseigne actuellement dans un institut d'art de Tel-Aviv. Ses travaux ont été abondamment exposés en Israël et à l'étranger. Le jury a souligné que le professeur Cohen Gan s'était distingué comme un novateur depuis les débuts du jeune art israélien, dans les années 70.
Le Prix Israël de Théâtre a été remis à Rina Yéroushalmi et au comédien Nissan Nativ z"l, qui est décédé il y a quelques jours à son domicile à l'âge de 86 ans.
Le Prix Israël de Littérature a été remis à la femme de lettres Ida Fink, née en 1921 à Zbaraz (actuellement en Ukraine). Les membres du jury ont justifié leur choix en soulignant qu'elle s'était distinguée par la forme courte de ses récits. Ses livres ont été traduits en onze langues.
Le Prix Israël de Poésie hébraïque a été décerné à Touvia Rivner.
Le Prix Israël de Traduction en hébreu a été remis à Nili Mirski, qui traduit des œuvres russes et allemandes.
Le Prix Israël pour "l'œuvre de toute une vie" a été décerné cette année à l'Agence Juive, aux associations féminines Naamat, WIZO et Emouna, à l'Union des Industriels, au conseil des mouvements de jeunesse, à l'organisation caritative Ezer Mitsion (créée en 1979 par le Rav Hanania Sholak) et au projet éducatif Pera'h.
Concernant l'Agence Juive, le jury a rappelé qu'elle avait œuvré depuis la création de l'Etat en faveur du développement du pays et de l'éducation des Juifs de diaspora.
Quant aux associations féminines, elles sont récompensées pour leurs efforts en faveur de l'égalité des sexes et de la promotion du statut de la femme.