* Michel Aoun crie victoire et revendique le succès du coup d’Etat mené par le Hezbollah
Le général Michel Aoun confirme sa fusion dans le projet syro-iranien et trahit ce qui lui reste comme popularité. Il affirme que "la victoire du Hezbollah est une victoire pour le Liban, une victoire de la légalité et annonce un retour à la vie constitutionnelle". Aoun affirme que la lumière sera faite sur les assassinats qui ont eu lieu au Liban ces dernières années. Aoun cherche ainsi à innocenter le Hezbollah et la Syrie des assassinats au Liban, en contrepartie de son élection à la présidence de la République.
Ce qui inquiète le plus les Libanais c’est à cet égard la concurrence entre les deux généraux, Michel Aoun et Michel Sleiman. Car, dans cette perspective, le bras de fer pourrait déboucher sur un conflit qui se règlerait sur le terrain, dans les régions chrétiennes, épargnées - pour le moment, mais pour combien de temps ? - par les violences et par le coup d’Etat mené par le Hezbollah.
* Les milices du Hezbollah et du Mouvement Amal mène une guerre d’élimination contre les opposants chiites à la politique iranienne
Des combattants du Hezbollah et du Mouvement Amal, du président du Parlement, Nabih Berri, ont pris d’assaut le siège du conseil chiite de Tyr, et ont pris en otage la famille et les proches de l’ouléma Ali Al-Amine.
Sayyed Ali Al-Amine est le chef de file des chiites qui s’opposent au concept iranien et qui refusent la politique iranienne menée par le Hezbollah. Ce dernier semble ainsi vouloir faire taire toute voix discordante. Les régions sous contrôle du Hezbollah s’acheminent vers une nouvelle forme de gouvernance importée de Téhéran.
* les partisans du Hezbollah fêtent leur victoire en terrorisant les habitants.
Les portraits de Bachar Al-Assad refont surface à Beyrouth.
Alors que le Hezbollah a confirmé le contrôle de Beyrouth, des tirs de joie sont entendus dans les quartiers de la capitale. Il s’agit de partisans du Hezbollah qui circulent dans ces quartiers à bord de motos, et qui tirent en l’air pour fêter le succès du coup d’Etat mené la nuit dernière contre le gouvernement.
Le Hezbollah tente ainsi de terroriser la population, avec cette démonstration de force. L’objectif du parti de Dieu est d’empêcher toute résistance sunnite de s’organiser. Mais il est prématuré de célébrer la victoire, puisque la résistance s’organise. Les opposants à la mainmise syrienne, iranienne et du Hezbollah, de toutes les confessions, examinent leur riposte. Ils sont réunis à Meerab, siège de Samir Geagea.
En dépit de cette évolution dramatique, le coup de force du Hezbollah a le mérite d’avoir dévoilé les mensonges du parti chiite et de l’opposition en général. Celle-ci, par la voix du général Aoun, de Wiäm Wahhab, de Sleiman Frangieh et du Hezbollah, n’a cessé d’accuser, depuis trois ans et d’une façon mensongère, la majorité de former une milice armée, entraînée par la Jordanie et Israël. Ce mensonge a touché ses limites, puisque les événements de la nuit dernière ont prouvé que la majorité ne disposait ni de milice ni d’armes, sinon elle se serait défendue.
Notons que les miliciens du Hezbollah et du Mouvement Amal ont détruit les portraits de Saad Hariri et de son père Rafic Hariri, et les ont remplacés par des portraits du président syrien Bachar al-Assad. Ce qui dément les déclarations de ce dernier, qui, avec un excès d’hypocrisie, estimait que « ce qui se passait au Liban était une affaire intérieure ».
* Le drapeau du PSNS (pro-syrien) flotte sur le siège incendié de la Futur TV .
La Syrie tue Rafic Hariri pour la deuxième fois.
Accusée d’avoir assassiné l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, la Syrie fait tout pour échapper à la justice internationale. Le coup d’Etat mené par le Hezbollah et les propos du général Aoun visent à empêcher le Tribunal international de se mettre en place.
Ainsi, pour la majorité des Libanais, la Syrie et ses agents au Liban assassinent Rafic Hariri pour la deuxième fois. Systématiquement, les symboles qui rappellent son souvenir sont détruits. Ses portraits sont remplacés par ceux de Bachar al-Assad et de Hassan Nasrallah. Le Parti social nationaliste syrien (PSNS) qui prône la Grande Syrie, a hissé son drapeau sur le bâtiment incendié de la « Futur TV ». Le correspondant de la télévision « Al Jazeera », Ghassan Ben Jeddou, croit savoir que « des militants du PSNS ont incendié la télévision des Hariri, avant de hisser leur drapeau sur ses ruines ».
La Syrie déguste la victoire de ses alliés au Liban. Le président Assad déguste avec bonheur la réapparition de ses portraits à Beyrouth, sur la tombe de Rafic Hariri, et ne cache pas sa fierté d’avoir fait un bras d’honneur à la communauté internationale et à la justice. Très décontracté, en chemisette blanche sans son traditionnel costume-cravate, Assad a reçu aujourd’hui l’émir du Qatar, Cheïkh Hamad Al-Thani. Les deux hommes ont rappelé que ce qui se déroule au Liban est une affaire intérieure...
* ET LE "MACHIN" DANS TOUT çA ?
Si la FINUL n’a pas pour mandat de désarmer le Hezbollah, le règlement du conflit suppose indéniablement de démanteler la branche armée du mouvement chiite qui a gardé vraisemblablement sa force de frappe. Son intégration dans l’Armée libanaise et la mise en place de programmes DDR spécifiques restent néanmoins encore très hypothétiques. Différentes sources officieuses font en outre état d’un réarmement rapide du Hezbollah via la Syrie (le Groupe naval de la FINUL n’a en revanche pas décelé de violation de l’embargo sur les armes par la voie maritime).
Conclusion de M. Stéphane PFISTER / Membre du ROP et chercheur à l’Institut Européen de l’Université de Genève /16 octobre 2007.
La montée en puissance réussie de la FINUL II a traduit la forte détermination internationale pour régler la grave crise de l’été 2006. L’ONU, si souvent décriée pour sa paralysie, a su montrer son savoir-faire, prouvant qu’elle peut agir dans les pires situations du moment que les grandes puissances s’accordent pour lui donner leur soutien. Évidemment, rien n’aurait été possible sans l’action vigoureuse d’un certain nombre de pays, au rang desquels il faut citer les grands États membres de l’Union européenne. Les États dotés de forces armées crédibles restent donc les acteurs principaux mais ils agissent d’autant mieux lorsqu’ils interviennent dans un cadre multilatéral, au service de la paix et de la sécurité internationale. La FINUL II est aujourd’hui une opération de paix inédite sous bien des aspects. Il s’agit d’une Force hybride dans le sens où nous avons affaire à une véritable opération militaire, allant au-delà de la simple interposition. Sa chaîne de commandement, ses règles d’engagement, son armement et sa composante navale sont autant de traits qui la distinguent des missions onusiennes classiques. La nouvelle FINUL assume en effet toutes les fonctions opérationnelles nécessaires pour une opération multinationale de stabilisation : commandement, renseignement, CIMIC etc. D’un autre côté, elle reste constituée - comme la FINUL I - de casques bleus issus de 29 pays et dont on peut se demander comment ils réagiraient en cas de reprise du conflit.
*** DÈS LORS, LE RISQUE EST TOUJOURS PRÉSENT DE SE TROUVER PRIS AU PIÈGE ENTRE LE HEZBOLLAH, PARRAINÉ PAR TÉHÉRAN ET DAMAS,
…….….ET ISRAËL, QUI BÉNÉFICIE DU SOUTIEN CONSTANT DES ÉTATS-UNIS. LA FINUL NE SAURAIT DE CE FAIT SE SUBSTITUER AU PROCESSUS POLITIQUE QUI, SEUL, PEUT APPORTER AU LIBAN ET AU MOYEN-ORIENT DES PERSPECTIVES VERS UNE PAIX JUSTE ET DURABLE. !!!
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