La nouvelle affaire de corruption dans laquelle serait impliqué le Premier ministre ne laisserait pas la population indifférente, bien au contraire. D'après un sondage réalisé par le quotidien Yediot Aharonot et l'institut de sondages Dahaf du Dr Mina Tsemah, les premières révélations faites par la presse, même si elles sont encore limitées, auraient déjà eu des répercussions sur l'opinion publique.
Il s'avère en effet, d'après cette enquête, que 60 % des Israéliens n'accorderaient aucun crédit au Premier ministre lorsque celui-ci affirme qu'il n'a pas mis "un centime dans sa poche". Pratiquement le même pourcentage (59 %) souhaiterait sa démission. Seules 22 % des personnes interrogées continueraient à le croire et à le soutenir.
Autre chiffre intéressant: 60 % de la population israélienne estimerait qu'Olmert n'est plus en mesure de diriger les affaires de l'Etat et de faire progresser le processus diplomatique en raison de l'enquête dont il fait l'objet à l'heure actuelle.
Pour certains, Tsippi Livni aurait bien manœuvré en refusant de se prononcer publiquement en faveur du Premier ministre alors que ses collègues de Kadima, sauf Dichter, l'ont soutenu comme un seul homme. En effet, sa "neutralité" pourrait lui rapporter des voix au cas où Olmert serait contraint de quitter le pouvoir. Le sondage indique que si des élections avaient lieu aujourd'hui avec Livni à la place d'Olmert, Netanyahou à la tête du Likoud et Barak au Parti travailliste, Kadima l'emporterait avec 27 sièges, contre 23 attribués au Likoud et 15 seulement aux travaillistes.
Livni serait perçue par la majorité des électeurs comme la plus habilitée à remplacer Olmert. Il s'avère, toujours d'après cette enquête, que si Kadima était dirigé par Shaoul Mofaz, il n'obtiendrait que 17 sièges lors des prochaines élections et avec Meir Chetrit, 13 députés seulement.
Des responsables de Kadima auraient conseillé à Olmert de cesser de critiquer Tsippi Livni. Pour eux, une telle attitude ne peut que nuire au parti et au Premier ministre lui-même. Mais dans l'entourage d'Olmert, on continue à dénoncer le comportement de la ministre des Affaires étrangères qui est la seule, mis à part Avi Dichter, à ne pas avoir manifesté son soutien inconditionnel au Premier ministre. Il ne faut pas oublier qu'elle avait adopté les mêmes positions l'an dernier après la publication du premier rapport Winograd.
Selon d'autres sources, Livni risquerait sa carrière en s'opposant à Olmert. En effet, d'après le site NRG, du quotidien Maariv, le Premier ministre pourrait décider d'écarter Tsippi Livni de telle façon qu'elle serait contrainte de démissionner. Dans ce cas, Olmert pourrait nommer à sa place Shaoul Mofaz. Toujours d'après NRG, les proches d'Olmert qui ont reproché à Livni de ne pas l'avoir soutenu auraient laissé entendre qu'elle "le paierait lors des élections" en expliquant que même si Olmert n'était pas candidat lui-même, il pouvait avoir une influence déterminante sur le résultat du scrutin.
Pour en revenir au sondage du Yediot Aharonot et de l'institut Dahaf, il indique en outre que le parti d'extrême gauche Meretz pourrait se renforcer et obtenir huit sièges à la Knesset alors qu'Israël Beteinou, d'Avigdor Lieberman, perdrait du terrain avec huit mandats également. Quant à l'homme d'affaires Arcady Gaydamak, qui fait ses premiers pas dans l'arène politique, il pourrait obtenir trois sièges, avec son parti "Justice sociale".