
Des milliers de personnes s’étaient donné un triste rendez-vous, ce matin au cimetière de Naharia, afin de rendre un dernier hommage, solidaire et douloureux, à Oudi.
Parmi les officiels présents, on a pu entendre l’hommage rendu par le ministre de la Défense, Ehoud Barak, qui d’une voix étranglée par l’émotion, a déclaré à la famille : "Nous enterrons dans la terre d’Israël un combattant de Tsahal, votre cher, notre cher Oudi. Ce n’est pas ainsi que nous souhaitions vous revoir Si d’autres combattants venaient, que D.ieu nous en préserve, à être enlevés par des terroristes, l’Etat d’Israël et le gouvernement d’Israël feront tout pour les ramener à la maison".
Pour la mère endeuillée, Miki, ces dernières paroles ont été l’occasion de dire qu’elle "espérait voir cette guerre comme une victoire". "Nous avons découvert un peuple fort et une jeunesse extraordinaire. Nous avons découvert des familles éplorées montrant des qualités d’âme exceptionnelles. Nous avons découvert le dévouement, la compassion et la signification concrète du mot ‘amitié’. Nous avons découvert un peuple magnifique".
Ce fut ensuite la veuve d’Ehoud, Karnit, qui prit la parole : "Ce 12 juillet, à neuf heures et six minutes, il y a deux ans, le temps s’est arrêté. A commencé alors un voyage pour nous deux, toi et moi, nous la famille, tout le pays, et vous. Toi et moi entrons dans un deuxième voyage, un voyage de vie dont tu seras partie prenante. Tu continueras d’être cette voix intérieure pour moi, l’éternel jeune homme, m’accompagnant tout au long de ma vie. Sans toi et pourtant avec toi pour toujours. Oudi mon amour, on dit que le temps fait son œuvre, qu’il panse les blessures. Cela fait plus de deux ans qu’un coup de couteau, le cours de notre vie commune s’est interrompu. Jusqu’à nous amener vers un monde fermé et obscur que nous n’avions jamais connu auparavant. Depuis deux ans, je parle pour deux, Eldad et Oudi, Reguev et Goldwasser. Cette lutte pour les ramener à la maison, nous l’avons menée ensemble. Mais aujourd’hui, pour la première fois, je me permets de m’adresser à toi, Toush (surnom d’Oudi), et ce cœur là, mon cœur, pleure et souffre. Depuis deux ans, j’ai espéré que tout cela ne soit qu’un rêve, un mauvais rêve, mais juste un rêve ".