Dans la terminologie de nos Sages, le quatrième Livre de la Thora s'appelle le "Livre des Recensements", mot emprunté aux deux recensements de l'Itinéraire dans le Désert. Le premier, immédiatement après la Sortie d'Egypte ((Nom. I, 1) ; le deuxième, juste avant d'entrer en Eretz Israël (ibid. XXVI 63).
Ils marquent le début et la fin d'un long périple semé d'épreuves et de crises graves ; seuls ceux qui les ont surmontées, ont eu le mérite d'entrer en Eretz Israël : "Parmi eux; on ne trouvait pas un homme de ceux que Moïse et le prêtre Aaron avaient [auparavant] comptés, lorsqu'ils avaient recensé les Israélites dans le désert du Sinaï, car Dieu leur avait annoncé qu'ils mourraient tous dans le désert et qu'aucun ne survivrait, à l'exception de Caleb, fils d'Yefouné), et Josué fils de Noun" (Nom. XXVI, 64-65).
"Aucun (homme) ne survivait", explique le grand exégète, "parce qu'ils étaient tous morts par suite de la Faute des Explorateurs ; en revanche, les femmes n'avaient pas été frappées par le décret parce qu'elles chérissaient Eretz Israël. Les hommes disaient : "Nommons un [nouveau] chef et retournons en Egypte !" (ibid. XIV, 4) et, les femmes : "Donne-nous une propriété parmi les frères de notre père." (ibid. XXVII, 4).
C'est pourquoi, pour continuer l'explication de Rachi, la requête des filles de Tsélof'rad suit immédiatement le recensement. Femmes justes, elles chérissaient Eretz Israël, à l'instar de Yossef, leur ancêtre direct, qui tenait à y être enterré, comportement hautement louable (cf. Rachi sur ibid. XXVII, 1).
Ceci étant – Durant toutes les générations, des êtres d'exception, dignes d'éloge, ont été animés par ce sentiment. Certains, au péril de leur vie, sont venues s'y installer, Maïmonide, Nahmanide, le Rav Yossef Karo (auteur du "Choul'hane 'Arouch), le Ari, le Rav 'Haïm Ben Attar (auteur du "Or Ha'Haïm", les disciples du "Gaon de Vilna", ceux du "Baal Shem Tov" et bien d'autres encore.
Depuis quelque 150 ans, le peuple, et plus seulement des personnalités d'exception, ont voulu faire leur Aliya, religieux ou non, concrétisant leur amour par l'œuvre de "l'Implantation". En "Pionniers" de notre peuple, ils ont donné du crédit au reste de notre peuple et, grâce à eux, nous avons eu un état.
A cette génération, les habitants de "Goush Katif" sont les héritiers spirituels de ces pionniers ; tout comme eux, ils donnent leur vie pour notre terre, malgré l'aveuglement des hommes politiques qui s'obstinent à vouloir créer un état d'assassins arabe au cœur de notre pays en expulsant des Juifs de leur maison, mais "des torrents ne sauraient éteindre l'amour, des fleuves ne sauraient le noyer" (Cant. VIII, 7).
De même que, lors de la "Génération du Désert", seuls les "amants d'Israël" ont survécu et sont venus s'installer ici, ainsi de nos jours ceux qui donnent leur vie pour elle et leur peuple, finiront par faire valoir le droit inaliénable de notre peuple sur sa Terre et seront à la tête de l'Etat lorsque le pouvoir en place du moment sera passé. Alors "les rachetés de l'Eternel reviendront ainsi et rentreront dans Sion en chantant, une joie éternelle sur leur visage !" (Is. XXXV, 10).
Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.
Traduit et adapté par Maïmon Retbi pour le Machon Méïr.