La série de discussions entre les six grandes puissances et l'Iran - à Genève cette fois-ci - s'est une fois de plus soldée par un échec et une fin de non-recevoir du régime de Téhéran: "Nous n'arrêterons pas notre programme d'enrichissement d'uranium", a déclaré Saïd Jalili, le délégué iranien aux "négociations". Ce nouveau refus a provoqué la colère de Washington, qui a cette fois clairement utilisé le ton de la menace: "L'Iran doit décider très vite s'il opte pour la coopération ou la confrontation!". Il faut noter que pour la première fois, le sous-secrétaire d'État, William Burns, délégué américain, participait à une négociation directe face à un responsable iranien. Les Américains ont toutefois tenu à préciser "que William Burns n'avait pas rencontré la délégation iranienne en tête-à-tête".
Après ce nouvel échec, ce sera au tour de Javier Solana, l'émissaire européen aux Affaires étrangères, de rencontrer une nouvelle fois la délégation iranienne dans deux semaines. Les responsables américains ont fait savoir aux Iraniens "qu'ils devraient alors fournir une "réponse claire et précise" à la question. Sean McCormack, porte-parole du Secrétariat d'État a lancé un appel au peuple iranien: "Vos dirigeants doivent choisir entre l'arrêt du programme, qui sera bénéfique à tous, et sa poursuite, qui entraînera une confrontation et l'isolement encore plus grand de l'Iran!"
Les États-Unis espèrent une décision favorable de la part des Iraniens, avant "d'intervenir directement dans les négociations". Il y a un mois, Javier Solana s'était rendu à Téhéran afin de proposer toute une série de "cadeaux" au cas où l'Iran consentait à revoir sa politique nucléaire. Ce nouveau "paquet" contenait des améliorations par rapport à l'offre d'il y a deux ans, mais qui avait été catégoriquement repoussée par les dirigeants iraniens.
Il semble qu'il y ait, de la part des grandes puissances, une réelle incompréhension du problème posé par la nucléarisation de l'Iran. Face à la volonté affichée de l'Iran chiite de devenir une puissance régionale et d'influer sur la politique mondiale, les pays développés espèrent, par des appâts économiques, lui faire renoncer à ses visées de puissance. Cela fait maintenant plusieurs années que des discussions ont lieu de manière répétitive entre représentants iraniens et ceux des six grandes puissances, et que des sanctions ont été imposées à l'Iran, mais sans que sa position n'ait changé d'un iota.
Et pendant ce temps, les experts nucléaires iraniens travaillent...