"Nomme pour toi-même des juges et des commissaires pour tes tribus dans tous tes lieux de résidence que l'Eternel, ton Dieu, te donne, et assure-toi qu'ils jugeront le peuple de façon honnête" (Deut. XVI, 18), "poursuis l'honnêteté parfaite, afin que tu vives et que tu possèdes le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne" (ibid. ibid. 20). De là, explique Rachi, on apprend l'obligation de nommer des juges compétents en la matière, justes et "kéchérim" (qui rendent la justice suivant la Thora) afin de permettre à notre peuple de vivre sur sa terre.
Juger avec justice, explique en substance le Rav Kook, est l'un des fondements de la vie collective, et lorsqu'il y a nation ou société –sous quelle que forme que ce soit- elle doit être défendue par l'appareil judiciaire, garant de son existence (cf. Rav Kook, "Orot", 50). Ainsi, le pouvoir de notre peuple de posséder cette terre dépend largement de la compétence et de l'équité de ses juges. S'il oublie ce principe, il s'expose à bien des déboires.
Ceux qui nomment les juges doivent donc posséder ces qualités au plus au point et veiller scrupuleusement à ce qu'elles se trouvent aussi chez ceux qu'ils vont élire.
Ceci étant - Actuellement, la situation morale et spirituelle de notre peuple en Eretz Israël va en se dégradant et les constatations du prophète sur les dirigeants de son époque restent actuelles : "Tes dirigeants sont dissolus, se font complices de voleurs ; tous aiment les dons corrupteurs et courent après les gains illicites ; à l'orphelin ils ne font pas justice et le procès de la veuve n'arrive point devant eux" (Is. I, 23).
Loin de rendre la justice et de protéger la société, l'appareil judiciaire donne sa caution à des actes immoraux et inhumains, à l'expulsion des Juifs de Goush Katif, par exemple, avec ses tragiques implications, destruction de familles, de synagogues, de salles d'étude etc.
En ayant trahi sa mission, l'appareil judiciaire sert les intérêts de nos ennemis. Au lieu de préserver et de renforcer notre identité juive spécifique, il œuvre avec la dernière énergie à faire de nous un "peuple comme les autres", sans identité, sans culture, sans valeurs juives. Il a embrassé la religion de la séparation d'avec notre peuple, d'avec notre Thora et d'avec notre Terre, et les dirigeants actuels la pratiquent eux aussi avec une dévotion sans égale.
Il est grand temps de modifier cet état de choses. Il faut nommer des dirigeants et des juges d'un tout autre genre, rattachés aux Sources juives, à la Thora, au peuple et à Eretz Israël, veillant aux intérêts vitaux, à la sécurité et à la culture authentique de notre nation.
Alors nous verrons se réaliser les paroles du prophète : "Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l'origine. Ensuite, on t'appellera (relativement à Jérusalem) "Ville de Justice", "Cité fidèle" (ibid. I, 26). "Sion sera sauvée par la justice et ceux qui seront revenus de l'Exil, par la vertu" (ibid. ibid. 1).
Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.
Traduit et adapté pour le Machon Méïr par Maïmon Retbi