L'affaire du Kosovo est une catastrophe où tous les partenaires sont coupables.
Une catastrophe d'abord : la Serbie a été purement et simplement spoliée de son patrimoine national, spirituel et culturel. De l'autre côté, les justes droits des Albanais à vivre au Kosovo dans la Serbie, se sont transformés en une annexion pure et simple d'un Kosovo qui, à son tour, sera à moyen terme annexé à une Grande Albanie. L'omniprésence des drapeaux albanais, que tout le monde a constatée, lors de la proclamation unilatérale, en sont le prélude et le témoignage. Le Kosovo, province serbe, se transformera en province albanaise parce que le Kosovo n'a pas la dimension ni la capacité d'être un État viable (1). Il est d'ailleurs impossible et impensable de faire de chaque ethnie un État. Il y a 6500 ethnies dans dan le monde et 194 États. Ce n'est pas par hasard que ni la Grèce, ni l'Espagne, ni les autres Etats slaves ou européens ne veulent pas d'un Kosovo indépendant. C'est ouvrir la boite de Pandore de la multiplication anarchique de mini États. Il faudra dans un prochain article revenir largement sur ce problème de l'articulation entre ethnies, peuples et états-nations
Les deux premiers coupables de la situation sont les Serbes et les Albanais. Pourtant, la solution avait été trouvée : une autonomie ménageant une province où Serbes et Albanais cohabiteraient. Mais la vérité est que ni les uns et les autres ne voulaient de cette cohabitation. Milosevicz a mis le feu aux poudres en mettant un terme à l'autonomie.
Alors que les Européens et les Américains auraient pu restaurer l'autonomie, ils ont saisi la bonne aubaine. Tous deux voulaient briser le Serbie pour des raisons spécifiques. La Serbie tenait à son identité slave et à ses liens avec les slaves russes. Les Européens ne pouvaient plus supporter le particularisme serbe et ont voulu européaniser de force la Serbie et l'assimiler dans l'Europe en imposant sa culture, son droit, ses institutions etc, bref unifier l'Europe.
A Rambouillet, l'Europe, France et Allemagne en tête, ont refusé toute négociation et tout compromis avec les Serbes, qui pourtant étaient ouverts au débat, et elles avaient la volonté évidente et proclamée non seulement d'abattre Milosevic mais avec lui le particularisme serbe : la Serbie dans le rang ! C'est d'ailleurs bien, soit dit en passant, ce que voudraient les Européens pour Israël en éliminant le particularisme juif.
Quant aux Américains, ils ont saisi l'occasion unique de casser la Serbie, coupable à leurs yeux d'être si proche des Russes culturellement et identitairement. Ils ont joué, avec imprudence et myopie, la carte de l'irrédentisme des Albanais kosovars en leur fournissant tous les moyens nécessaires en argent et en armes pour briser la Serbie. Thaci, le chef des Kosovars albanais, qui avait largement collaboré avec les islamistes de tous bords, a changé son fusil d'épaule et s'est appuyé sur les Américains qui lui ont promis l'indépendance sous tutelle américaine avec un double objectif : en faire un allié contre la Russie et établir la pus importante base militaire aux frontières de la Russie, capable de la menacer si elle tentait de redevenir une grande puissance.
C'était une faute politique considérable : la Russie s'était lancée vers la coopération avec les USA et la modernisation de son paysd devenu exsangue par des décennies le communisme. Mais le Département d'Etat américain a choisi l'abaissement de la Russie et son affaiblissement. Les Américains ont tout fait pour empêcher la Russie de développer ses exportations de pétrole vers l'Europe et ils ont soigneusement contourné la Russie avec des pipe-lines. Résultat, Poutine, qui s'ouvrait à l'Occident et aux USA, a compris les desseins hostiles américains et a viré de politique : désormais il s'affronte aux USA, on le voit en Syrie et en Iran en particulier.
La vérité est que l'Europe et les USA se sont lancés dans une véritable colonisation de l'Europe centrale qu' échafaude l'axe européo-américain.
Pour nous Juifs, nous devons rester très méfiant envers cet axe. Les USA sont aujourd'hui nos alliés, ils le sont beaucoup moins depuis Clinton (mari ou femme) et ils le seront encore moins avec Obama. Il y aura moins de risques - bien qu'ils existent - avec un prochain gouvernement républicain. Quant à l'Europe, elle joue la carte de l'Eurabia et ce ne sont pas les discours de Sarkozy qui changeront les choses. La vocation de l'Europe est soit la disparition d'Israël, soit son phagocytage et la perte de son identité. Le gouvernement actuel israélien est complètement servile avec l'Europe et les USA. Nous avons certes beaucoup à partager avec eux mais il ne faut en aucun cas nous faire coloniser ni politiquement, ni matériellement , ni identitairement.
(1) Pas plus que Gaza ni la Cisjordanie. Il ne peut y avoir d'autre Palestine que la Jordanie-Palestine et Gaza ne peut devenir qu'une province de l'Egypte.