Éditorial du numéro 289 du lien en cours d'impression
Ehud Olmert a annoncé qu'il ne se présentera pas aux élections de Kadima. Ce n'est hélas pas exactement une démission comme les médias le répandent de manière erronée. S'il avait de l'honneur, il aurait dû démissionner comme chef de gouvernement, ce qui était ses réelles responsabilités politiques et non comme leader d'un parti. Il ne regrette qu'une seule chose : que son seul parti et les 180 délégués qui l'ont élu magouillent pour lui prendre sa place, car c'est ce qu'il a suggéré par propos depuis quelques semaines.
Il ne fait ni le bilan ni le procès de son action ni ne reconnaît en rien le lamentable échec non de sa fonction de chef de parti mais de chef du gouvernement.
Il y aura à faire le procès de son lamentable bilan de ces années noires.
Mais notre inquiétude est grande pour le lendemain. Comme nous l'analysons en page un de ce numéro, l'échec d'Olmert n'est pas seulement l'échec d'un individu mais celle d'un système totalement impropre à relever le défi de la pérennité de l'Etat juif et celle d'une idéologie incompatible avec les valeurs de l'identité juive.
Tzippi Livni, qui brigue officiellement la direction de Kadima, a déjà annoncé son programme : réunir une majorité qui s'étende d'Israël Beteinou au Meretz. Exactement ce qu'il ne faut pas faire. L'objectif ne doit pas être d'obtenir une majorité mathématique, ce que nous stigmatisions aux derniers temps de Sharon sous le nom de "la politique de la calculette". L'objectif majeur est de former une majorité d'idées, de proposer un grand dessein pour l'avenir de l'Etat juif.
Tzippi Livni est populaire et sympathique parce qu'elle ne fait pas partie de l'universelle corruption qui a caractérisé les années noires de ce gouvernement, mais elle n'a pas compris qu'il ne s'agit pas de changer le premier de Kadima mais de donner un vrai gouvernement au pays, de dissoudre la Knesset et d'offrir aux électeurs le droit d'élire personnellement leurs représentants, et non de marquer une préférence à un parti sans visage et dénué d'un véritable projet.
C'est bien pourquoi nous proposons dans ce numéro, une nécessaire double rupture.