Le Hezbollah achèterait des terres appartenant à des Chrétiens et à des Druzes dans le sud Liban afin d’y reconstruire ses infrastructures militaires pour une nouvelle guerre contre Israël. C’est ce qu’a révélé dimanche matin le Sunday Telegraph britannique qui a précisé que l’organisation terroriste d’obédience chiite comptait se fortifier et prendre position au Nord du fleuve Litani où ses hommes ont attaqué l’an dernier les soldats israéliens au cours de la seconde guerre du Liban.
Le Hezbollah n’est pas gêné dans ses mouvements par la présence des 13 000 observateurs de l’Onu censés surveiller ses activités dans la région. Quant aux 20 000 soldats libanais, déployés au sud du Litani conformément aux accords de cessez-le-feu conclus l’an dernier à la fin des affrontements, ils ne semblent pas non plus constituer un obstacle pour l’organisation terroriste. L’armée du Liban, composée pour moitié de chiites, aurait semble-t-il choisi de fermer les yeux sur les activités douteuses du Hezbollah.
L’Onu effectue chaque jour des centaines de patrouilles afin d’éloigner le Hezbollah mais son champ d’action s’arrête au sud du fleuve. L’organisation terroriste semble donc se préparer activement pour un deuxième round avec Israël et dispose d’un terrain idéal pour ses actions de guérillas, non loin de la frontière avec Israël.
En s'imposant ainsi dans un secteur habité jusqu'à présent par des Chrétiens et des Musulmans druzes et chiites, le Hezbollah menace de rompre l’équilibre fragile entre les communautés, déjà ébranlé par trois années de crise politique. Le processus semble d'ailleurs déjà en marche, si l'on en croit le témoignage d’un ancien député chrétien qui a indiqué que de nombreux Chrétiens et Druzes préféraient vendre leurs terres et s’en aller depuis que les Chiites s’installaient dans leur région.